Vous êtes ici

Appel à proposition: Défense et colonies dans le monde atlantique, XVe -XXe siècles

 Cycle de journées d’étude -- Jeudi 3 mai 2012 - Jeudi 24 janvier 2013   Université de Nantes Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA)

Défense et colonies dans le monde atlantique, XVe -XXe  siècles
 


          Les   propositions   de   communication   (10   à   20   lignes)   ainsi   qu’une   présentation   sommaire   de l’auteur sont à envoyer avant le 15 janvier 2012 à : david.plouviez@univ-nantes.fr

          Le Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA) de l’Université de Nantes souhaite initier un cycle de journées d’étude sur le thème « Défense et colonies dans le monde atlantique,   XVe -XXe siècles »   au   cours   des   années   universitaires   2011-2012   et   2012-2013.   Dans   une perspective      diachronique      et  transnationale,     il  s’agit  de   réunir    des   chercheurs     dont   les   travaux proposeront une nouvelle lecture de la place et du rôle des colonies dans les systèmes de défense des principales puissances impériales. Territoires plus ou moins éloignés de la métropole, pièces maîtresses dans la politique économique et de domination des puissances impériales, les colonies ont bénéficié d’un investissement stratégique pour les protéger d’incursions ennemis ou, le cas échéant, de servir de poste avancé   à   l’action   militaire.   Dans   ce   contexte,   ces   espaces n’ont   donc   pas  été   uniquement   de   simples remparts opposés à une puissance étrangère mais également des bases, ou des relais, pour mondialiser les conflits. Par ailleurs, dès lors que les colonies ont pu être des points d’appuis pour étendre la guerre aux confins du monde, ce furent elles-mêmes des territoires soumis aux opérations militaires.

          Dans cette perspective, nous proposons d’articuler ces journées d’étude autour de trois pistes principales :

 

  1. Les   colonies :   territoires  d’une   pensée   stratégique ?  Ce   premier   axe   invite   à   nous interroger   sur   la   place   des   colonies   dans   le   discours   stratégique   d’acteurs   majeurs   qu’ils   aient   été responsables   politiques,  militaires   ou   intellectuels.   Si   ces   territoires   ont   eu   une   importance   lors   des conflits de l’époque moderne et contemporaine, il reste que leur intégration à la pensée stratégique des Etats n’allait pas nécessairement de soi. Il s’agira ici de déterminer si les colonies ont été considérées comme des espaces parties prenantes d’une organisation militaire globale qui l’a intégrée à ses schémas tactiques. Le Portugal a établi une succession de fortins le long de la côte occidentale africaine aux XVe et XVIe siècles à mesure qu’il progressait vers le Sud ; du XVII  au XIX  siècle, les principales puissances maritimes disposaient de relais aux Antilles pour réparer leurs flottes et procéder à des ravitaillement ;toutes les puissances impériales avaient des casernements en différents points de leurs espaces coloniaux où étaient entretenues des troupes. Ces constatations spatiales, matérielles, ont-elle été précédées par des   développement   théoriques   ou   est-ce   la   résultante   d’une   adaptation   au   gré   des   circonstances   des différents     Etats  impliqués ?     Ici,  on  attend des   communications qui  montreront l’existence et laconstruction, ou non, d’une politique stratégique intégrant ces territoires si spécifiques.

 
 

  1.     Les     infrastructures         militaires      coloniales.       Les   Etats   ont    doté    leurs   colonies d’infrastructures   militaires   plus   ou   moins   pérennes.   Qu’il   s’agisse   d’une  ville   forteresse   à   l’image   de Louisbourg,   de   la   ceinture   de   forts   anglais   et   français   en   Amérique   du   Nord   ou   encore  de  l’arsenal espagnol de la Havane, la dimension militaire trouve une traduction matérielle dans l’espace colonial. Mais le bâti militaire peut revêtir des formes qui vont au-delà de l’imposant édifice de défense ; un quai, une caserne, des magasins où l’on stockait des matières premières pour les troupes ou l’entretien des flottes   peuvent     entrer    dans   cette   catégorie.    Outre     un  dénombrement         et   une   cartographie     de   ces principaux éléments à caractère militaire, il s’agit de s’interroger sur les modalités de leur édification. Peut-on   envisager   des   formes   d’architectures   militaires   communes   aux   différents   espaces   coloniaux quelque soit leur métropole de rattachement ? Existe-t-il des modèles de bâtiments défensifs décelables dans l’aire Atlantique ? Dans le cadre de la construction d’infrastructures secondaires (quais, halles…), comment ont procédé les Etats ? Il faut tâcher de se pencher sur les transferts techniques et les allers-retours entre les espaces coloniaux et leurs métropoles mais également entre les espaces coloniaux eux-mêmes.   Dans   le   domaine   militaire   comme   pour   bien   d’autres   aspects,   les   colonies   n’ont   pas   été   des mondes clos et il est souhaitable de montrer cette perméabilité.


 

  1.  Faire la guerre dans les colonies . Ce dernier axe se propose d’évaluer les moyens et les modalités   pratiques   de   l’engagement   militaire   dans   des   espaces   qui   sont,   le   plus   fréquemment,   peu familiers   des   armées   qui   s’y  déploient.   Dès   lors,   existe-t-il   une   pratique   de   la   guerre   spécifique   aux colonies ?   Petite   guerre,   razzia,   guérilla   sont   autant   d’expressions   qui,   de   l’époque   moderne   au   XXe siècle,    ont  tenté    de  caractériser    les  conflits   terrestres    dans   ces   espaces.   Ces    notions    doivent    être réévaluées au même titre que l’implication des populations locales dans le renseignement et les guerres proprement dites. Par ailleurs, la guerre navale a eu une place très particulière dans les enjeux coloniaux qui a supposé des moyens d’actions spécifiques. Enfin, un volet de cet axe sera consacré aux troupes et à leur   logistique.  Du   détachement   de   soldats   issus   de   métropole   à   l’instauration   de   véritables   troupes coloniales, les Etats européens ont progressivement adapté leurs armées aux réalités outre-mer. Nous souhaitons faire   une   place  particulière      à  l’évolution    et   l’adaptation    des   soldats    dans   les  espaces coloniaux.




           Les  communicants  pourront   faire   des   propositions   portant   sur   une   période   allant   du   XVe  au  XXe     siècle   en   privilégiant   l’espace  atlantique.   Toutefois,   dans   la   mesure   où   elles   éclairent   sur   des logiques spécifiques  ou établissent des points de comparaison pertinents, des communications portant sur   d’autres   espaces  –   océan   Indien,  Méditerranée   atlantique … –   seront   éligibles.   On   attachera   de l’importance à établir un équilibre entre la période moderne et la période contemporaine.



          Les   propositions   de   communication   (10   à   20   lignes)   ainsi   qu’une   présentation   sommaire   de l’auteur sont à envoyer avant le 15 janvier 2012 à l’adresse suivante : david.plouviez@univ-nantes.fr